ICI LA JUNGLE (Ou presque...)

Ce blog concerne le voyage en Bolivie et au Pérou que j'ai effectué de mars 2006 à décembre 2008. Vous y trouverez des récits, des commentaires et des photos, qui je l'espère vous aideront à (re)découvrir ce fantastique continent.

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Lieu : Aquitaine, 64, France

26 septembre 2006

20/10 - Opération Gold Pépite

Voici l'adaptation du journal que j'ai tenu durant les 7 jours de mon expédition en solitaire dans la cordillière d'Apolobamba, en Bolivie, du 14 au 20 septembre 2006. Je n'ai finalement pas décidé de continuer le voyage préalablement prévu jusqu'à Tuichi (6 jours supplémentaires), je l'effectuerai à l'occasion de ma deuxième visite dans le village des mines d'or de Sunchulli, fin octobre.
L'expédition avait pour but d'apporter un appareil servant à récupérer le mercure qu'utilisent les chercheurs d'or, afin de réduire la terrible contamination des régions environnantes. Cet appareil prototype devrait être fabriqué en plusieurs exemplaires puis distribué aux mines d'or de la cordillière d'Aplobamba.

Jeudi 14 septembre 2006
Dix-neuf heures cinquante et une minutes. La faible lueur verdâtre de ma lampe-torche "sans piles" rend difficile la tâche que je me suis imposée, celle de relater au jour le jour mon expédition. C'est ma première nuit dans la tente (depuis quelques mois), que j'ai plantée dans une enceinte de pierres nues spécialement affrêtée pour les lamas et alpacas qui broutent les environs. Je suis dans le village andin de Canisaya et non loin du mont le plus sacré des Kallawayas, le légendaire Akhamani. Je vais contourner ce géant demain, à l'occasion de mon second jour de trekking...
Je suis parti ce matin de Niño Corín, avec le douloureux sentiment que mon sac-à-dos était peut-être un peu plus lourd que prévu. Heureusement je n'avais que cinq heures de marche et malgré le dénivellé fortement positif jusqu'à Curva, tout s'est bien déroulé. Arrivé à Canisaya je suis directement aller rencontrer Samuel Umana, un contact que j'ai eu de son ancien ami et socio (partenaire de travail), Enrique, le vieux type sympa qui tient les thermes de Charazani. Les deux compères travaillaient jadis à la mine Flor de Mayo, sur les pentes du Cerro Yanacocha (montagne blanche), où l'on extrait encore quelques quantités d'or. Samuel est mon premier contact en tant que mineur, activité qu'il exerce encore au travers de son poste de directeur de la mine susdite. Je n'ai pas tardé à lui présenter la condensatrice à mercure, appelée ici retorta, dont je pensais que l'utilisation était méconnue d'eux. Première erreur, ils s'en servaient il y a plusieurs années; ils l'ont abandonnée pour des raisons de praticité. Laissez-moi vous expliquer le fonctionnement de cet appareil relativement simple: un récipient cylindrique en fonte, contenant l'amalgame métallique mercure/or, est chauffé à l'aide d'un brûleur à gaz afin de vaporiser le mercure (l'or reste solide à cette température). Les vapeurs mercuriques s'échappent par un tuyau refroidi à l'eau courante, ce qui tend à les condenser en gouttes que l'on récupère en sortie de ce même tuyau. Cette technique à l'avantage de ne perdre qu'une infime partie du mercure présent, l'environnement et le mineur y gagnent tous les deux (le prix du mercure est très élevé). Mais ils ne l'ont pas mise en pratique car il faut du gaz pour brûler correctement l'amalgame, et le village est difficilement approvisionné. Je me suis assez rapidement (dans la seconde suivante) senti tout couillon, un grand gringo à barbe qui vient pour aider les mineurs d'Apolobamba avec une nouvelle machine, hélas, déjà connue...
De toutes les manières, il me reste le trekking. Il faut quand même que j'use mes grolles jusqu'à Tuichi, pendant au moins 11 jours encore; vu que je me suis juré d'arriver pour sa fête du 7 octobre, et bien j'ai le temps de visiter! Où alors d'aller chercher de l'or quelques jours, où encore de faire un détour par le second Machu Picchu, une sorte de petite forteresse perdue à un jour de marche du chemin principal. Non connue du public, bien sur. Bref, j'ai le temps de vâquer, de passer du temps avec les autoctones, de manger puis de siester! Il faut juste que je gère la bouffe, là j'ai eu du pot puisqu'à midi une mère de famille de Curva m'a donné une assiette de fideo (pâtes) qui lui restait, et que ce soir la femme de Samuel m'a cuisiné un oeuf au plat, donné trois patates et cuit le riz cru que je me suis emporté. Les boliviens ont beau être un peu sauvages, ils n'en gardent pas moins le sens de la convivialité.

Vendredi 15 septembre 2006

Je dédie cette journée à tous les montagnards galériens. Tout avait bien commencé lorsque levé à cinq heures je me préparai tranquillement à découvrir un nouveau lever de soleil, au pied de l'Akhamani. Certes, la montée jusqu'à son col fut éprouvante, mais le paysage valait bien l'exercice. Une belle mer de nuages au bas des vallées est montée au rythme des turbulences thermiques et je marchai comme poussé par cette couche cotonneuse; nous nous sommes rejoints au col menant jusqu'à Incachani, deuxième arrivée d'étape, et là je décidai d'opter pour le chemin de droite, suite à une mauvaise interprétation de mon guide en anglais [PS: face-off downhill on the right, vous l'interprêtez comment??]... Et puisque je n'ai pas songé une seconde à vérifier ma boussole, je me suis "trompé de vallée": c'était celle d'après. Plus tard, j'ai pourtant croisé un gamin qui m'avertit: "No es aqui, vas a llegar a Pelechuco en una semana", mais après une brève discussion je conclus que je perdrais un jour.

Dans mon malheur j'ai fait une rencontre aussi imprévisible qu'inattendue. Après une heure de descente, assis devant un arbre digne d'une légende celtique, recouvert de mousses et de lichens sans âge, habité de dizaines d'oiseaux, mon esprit vagabondait lorsqu'un étrange son de flûte me parvint. Quelque chose qui couinait presque, à la manière de ces instruments indiens qui charment les najas... Un jeune homme sortait du brouillard et descendait dans ma direction, j'ai commencé par lui crier mon chemin, mais il m'a fait signe d'attendre et est venu à ma rencontre. Fabio Mamani, c'est son nom, me proposa de le suivre plus en aval pour rejoindre un sentier menant à Incachani; il descendait à la coopérative d'une mine d'or à quelques heures de là pour y avoir une réunion.
Ça avait l'air trop facile, c'était sans compter les intempéries. La pluie et les éclairs sont venus mettre leur grain de sel, grelons compris. Nous pûmes nous abriter sous le toit d'une chaumière puis sous celui protégeant un four en adobe. Une poignée de maisons inhabitées nous entouraient, et le doux sifflement de multitudes de lombrics nous parvenaient depuis le versant d'en-face. C'est difficile à croire, mais Fabio était formel: le son sort de leur bouche. Nous décidâmes finalement de partager notre nourriture en attendant que la pluie cesse, tout en barvardant de choses et d'autres. C'était un jeune de mon âge qui vivait à Canisaya et travaillait à la mine pour arrondir -et même créer- ses fins de mois, il connaissait bien les alentours, il lui fut facile de me remettre sur le bon chemin. Il partit sous une pluie fine avec une bâche en plastique que je lui donnai en guise de protection, en jouant bien sûr de son "saxo andino", dont le son étrange provient de son anche souple, élégamment scotchée sur l'embout.

Il me fallut bien deux heures pour changer de vallée et remonter la suivante jusqu'à l'embranchement raté, pour enfin me poser au bord du rio qui y coulait. Mon endurance mentale à eu fort à faire pour éviter que je ne m'arrête, mais maintenant que je suis à nouveau à l'intérieur de ma splendide tente rouge, les pieds dans mon sac de couchage et les carottes qui n'attendent qu'à être épluchées... je sens que je vais encore m'écrouler vers vingt heures.

Samedi 16 septembre 2006

Grand jour que celui d'aujourd'hui! Je dors dans une pièce spécialement à disposition des visiteurs de Sunchulli, ce camp-village minier niché à 4400m aux pieds des Monts Sunchulli (5000m) et Cuchillo (5600m)...

Je me réveillai vers cinq heures, après plus de dix heures de nuit de plomb. La nourriture que j'avais encore à disposition me permettait de tenir encore deux jours, mais l'équivalence énergétique de mes rations valait à peine celle d'un burger de chez Chiky Pollo. Cette grosse nuit était plus que nécessaire, compte-tenu de l'ascension qui m'attendait. Alors que j'étais en train de lever le camp, un gamin (encore!) m'interpella du haut de la crête me surplombant. Nous ne nous entendîmes pas et je le croisai plus tard en remontant le bout de vallée qui me ramenait au lieu-dit d'Incachani, départ de la faille d'éboulis de Mil Curvas. Après m'avoir demandé quelques bonbons il m'idiqua la voie à suivre, "à droite au confluent des deux ruisseaux". Je m'y engageais avec une boule de coca dans la joue droite et Tiken Jah Fakoly dans les oreilles, lorsque me retournant un instant sur la vallée j'apercus en contre-bas quelques tentes et quelqu'un me faisant des grands gestes... Je me trompais encore de route et le sort m'avait de nouveau grâcié un détour fâcheux. Parmi les deux guides boliviens qui accompagnaient un couple de belges se trouvait la personne de Freddy Delgado, un guide que m'avait conseillé Bruno et qui connaissait même Tuichi et les frères Cuevas, pour y être passé de nombreuses fois. Après qu'il m'eût indiqué la suite de mon trekking, nous nous donnâmes rendez-vous à Pelechuco trois jours plus tard, au terme de nos expéditions respectives.

La route à suivre s'élevait depuis leur campement au travers d'une étroite faille d'éboulis, appelée Mil Curvas à cause du chemin zigzagant pendant 700m jusqu'au col à passer (4900m). Durant mon effort j'eus le plaisir d'être rafraîchi par un brouillard épais, puis par la neige qui vint me rendre visite à l'arrivée. Le sentier était peu visible et je pus heureusement repérer les empreintes de mules du groupe de belges passés quelques heures plus tôt... Cependant autour de midi la neige s'intensifia et je dus faire halte pour m'abriter dans une infractuosité d'une falaise, qui n'était probablement qu'un des lointains flancs du sempiternel Akhamani. J'ingurgitai un bref repas -agrémenté d'une rasade d'alcool à 96º- avant de gravir mon dernier col de la journée, non loin des 5000. Un éclair unique et déchirant, dont l'effet ne fut que décuplé par l'écho des parois rocheuses, finit de me convaincre de me remettre en chemin. Je marchai donc d'un pas lent mais assuré et j'arrivai au campement vers quatorze heures, bien plus tôt que prévu.

Le campement était nimbé dans un brouillard pluvieux, et en l'absence des mineurs qui à cette heure-là travaillaient je fus accueilli par quelques gamins hallucinés. J'appris plus tard qu'aucun étranger ne descendait jamais jusqu'au village, ils se contentent de passer au-dessus pour camper plus loin dans la vallée. J'étais donc sous la pluie en train de demander où je pouvais m'installer pour prendre un peu de repos, mais aucun n'était capable d'articuler le moindre renseignement: ils restaient bêtement debout la bouche ouverte, l'un d'eux me touchait la main et les vêtements... Je pus au final m'installer temporairement dans une salle de réunions, et je commencai à faire le tour du campement. Je rencontrai Mario Dassa, qui s'occupait de trois gros tambours rotatifs qui achevaient de laver des gravats de la mine, remplis d'or et de mercure. J'observai avec attention les manoeuvres de mon interlocuteur, qui vidait et remplissait d'eau le molidor jusqu'à obtenir le fameux amalgame qui m'intéressait. A ce moment le directeur de la coopérative s'approcha et nous entamâmes la conversation, puis je lui amenai la condensatrice à mercure que je me traînais depuis trois jours. Il fut intéressé au point de vouloir me l'acheter, mais je refusai puisque cet appareil est un prototype de "démonstration" (je devrai trouver un financeur pour en fabriquer un grand nombre), nous convînmes d'en essayer l'efficacité demain dimanche, jour plus ou moins consacré au repos des troupes. De la mine peuvent sortir quelques 500 grammes d'or par mois au total, qui sont répartis parmi les membres des cinq groupes de mineurs. Plus tard dans la soirée j'eus la chance de voir une boulette d'or de 18 grammes, qu'un petit groupe me dit être le fruit d'une semaine de travail: ils la brûlèrent au gaz puis je m'immiscai avec culot et sourire dans le petit réduit où s'effectuait la pesée, un moment plus rituel qu'il n'y paraîtrait. La scène aurait été presque amusante pour qui ne sait pas qu'il s'agissait de leur unique source de revenus: sept hommes était assis serrés sur des petits banc dans le noir, au centre était la balance électronique soigneusement sortie de son étui protecteur et éclairée d'un seule lampe torche. Ils ne parlaient que très peu et l'un d'eux manipulait la boulette avec d'infinies précautions, pour éviter que des poussières d'or ne se détachent de la pépite. Malgré le calme cérémoniel mais convivial, je compris d'une phrase aimable que je devais les laisser en comité réduit.

Dimanche 17 septembre 2006

Les mines d'or de Sunchulli fonctionnent en coopérative, à l'instar de la plupart des autres lieux d'extraction de la cordilière d'Apolobamba. Les mineurs socios -ici au nombre de trente-cinq- sont répartis en cinq groupes de sept personnes. Tous ces associés ont payé la cotisation leur permettant de répartir les gains. Chaque groupe est solidaire et ses membres n'en changent pas, ils travaillent ensemble et partagent l'or récolté entre eux sept. Le leader, si je puis me premettre de le démarquer ainsi de ses compagnons, est le perforista, celui qui sait repérer et suivre les veines aurifères rien qu'en lisant la roche; il est capable de savoir où creuser avec la perforeuse pour récupérer un maximum d'or. Sa connaissance du métier est primordiale et seules les années d'expérience passées "dedans" lui permettent d'améliorer son savoir et son savoir-faire. Un jeune perforista peut savoir manipuler l'engin à la perfection, mais sans résultats à cause de son manque de pratique; le salaire du groupe dépend donc en grande partie de lui. Ses compagnons chargent les gravats dans les chariots, d'où ils sont transférés dans des sacs pour être exploités en bas de la mine, au village-même. Après avoir été cassés en morceaux par des marteaux mécaniques, les gravats contenant les particules d'or sont introduits dans les tambours que j'ai apercus à mon arrivée. Ces tambours sont entraînés en rotation par un moteur et sa courroie, qui contiennent une douzaines de grosses boules de pétanque en acier. Ces sphères achèveront le moulinage des cailloux, et l'ajout de deux bouchons d'une fiole de mercure liquideva permettre d'amalgamer les particules d'or invisibles à l'oeil nu. Il y a cinq tambours , chaque groupe utilise le sien et n'en change pas même s'ils ont été achetés par la coopérative. Par roulement d'une semaine ou moins, l'un des membres de chaque groupe est chargé de moudre les gravats au village pendant que les six autres montent à la mine, dans l'une des nombreuses galeries forées (elles peuvent atteindre 400m de profondeur, la mine que j'ai approchée ce matin est par exemple occupée par deux groupes, les 3 autres sont dans d'autres "trous"). Un tambour est rempli d'eau et vidé plusieurs fois par jour pour laver au mieux ce qui restera des kilos de gravats: une boulette d'amalgame or-mercure, qu'il feront brûler au chalumeau dans une boîte de conserve en plein air lorsque la nuit sera tombée (la quantité d'or extraite par un groupe est relativement secrète et est souvent sujette à des on-dit sur la qualité de la veine perforée et/ou du perforeur, ce qui peut mener à des petits conflits pour choisir l'endroit où va travailler le groupe).

Je suis resté un jour de plus à Sunchulli pour mieux comprendre cette ambiance particulière, entre l'amical et le mystérieux, lorsque la brume envahit les ruelles de ces maisons de pierre aux toits de tôle ondulée. En cette journée dominicale je devins également officiellement le premier gringo à jouer au football avec eux, ce m'a valu de me faire apprécier à un autre niveau que celui d'un type qui apporte un appareil utile avec le sourire. Et pour couronner mon séjour à Sunchulli, je me suis offert comme souvenir une petite pépite d'or d'un gramme -soigneusement pesé-, pour la modique somme de... quatorze euros. Cela représente le cinquième d'un salaire mensuel.

Lundi 18 septembre 2006

Ma journée la plus tranquille jusqu'à présent. Le réveil un peu tardif n'a en rien gêné l'emploi du temps puisque les quelques cinq heures de marche que j'avais à parcourir allaient être une bagatelle après les efforts successifs précédemment fournis. Seul le franchissement du Col de Sunchulli dès le départ m'a vite fait monter en température, mais l'air matinal vivifiant doublé d'une splendide vue sur les glaciers ont rapidement transformé l'exercice en agréable ballade de santé -à petite allure tout de même, c'était le col le plus haut du trek avec ses 5100m. J'ai rejoint et fait la connaissance d'un groupe de touristes et leurs quatre accompagnateurs: un couple de grenoblois, un autre de québécois, un guide, un cuisinier et deux muletiers. C'est ce qui vous attend si vous décidez de payer une agence pour faire cette randonnée, cela vous coûterait plusieurs centaines d'euros... Imaginez ma jubilation de l'avoir effectuée sans guide, en payant 1 kilo de carottes, 1 autre de riz, 1 fromage, 10 petits pains et 1 bouteille d'alcool: je me suis bien foutu de leur gueule. Nous avons fait la plupart du chemin ensemble à une allure joyeusement moins rapide que la mienne, c'était finalement mieux pour mes pieds et leurs douleurs naissantes. J'y ai d'ailleurs appliqué ce baume de Belladona qui se vend partout sur La Paz, je verrai le résultat demain. Le groupe est très sympa, la ballade était chouette, le paysage aussi, cette nuit je n'aurai probablement pas froid, et je n'ai pas grand chose d'autre à ajouter. Bonne nuit.

Mardi 19 septembre 2006

Nuit un peu froide - Petit déj' en famille - Départ pour Pelechuco: fond de vallée, col 4900m, descente de 1300m avec moitié pluie jusqu'à la fin - Arrivée 15h, repos hôtel, grosse douche chaude, bon repas avec bières et vin, dvd musiques boliviennes en mangeant - Coucher 23h.
(Vous noterez que la fatigue et le soulagement d'être arrivé à bon port sans dommages ont sapé mes bonnes résolutions d'écriture... ^_^' )

Mercredi 20 septembre 2006

Je passai la journée dans Pelechuco, petit village à 3500m au croisement de trois vallées. Le temps est resté couvert toute la journée, entrecoupé de pluies, et ce lieu sûrement enchanteur par grand soleil s'est converti en un trou morose où je n'eus pas envie d'y passer plus de temps. Ma relative fatigue physique aurait nécessité 2 jours de repos supplémentaires, mais c'était déjà trop, et puisqu'il me restait dix jours avant la fête de Tuichi je décidai de rentrer sur La Paz avec le premier bus, qui partait à trois heures du matin. Je rencontrai un groupe de quatre israéliens avec qui nous fîmes la fête tardivement, et Chen (prononcez "Jen" à l'espagnole), l'une d'entre eux, m'accompagna jusqu'à la capitale. Le seul évènement intéressant de la journée (à part le chauffeur du bus qui m'appris un massage de la main pour diminuer mes aérophagies et douleurs abdominnales), le bus passa à la frontière péruvienne pour un rendez-vous local d'intercambio, une sorte de foire aux échanges de denrées en tous genres, de la peau de lama à la cagette de Cocacola en passant par des tissages et des fruits et légumes. Le bus arriva sur La Paz après douzes pénibles heures de trajet sur l'altiplano, agrémenté de paysages encore une fois uniques.

***

Au jour d'aujourd'hui le projet "mercure" en est au début de la seconde phase: je dois trouver des financements boliviens ou extérieurs afin de faire construire au moins 50 appareils, quantité probablement nécessaire pour approvisionner les mines d'or de l'Apolobamba. Mes premières demandes iront vers l'Institut de Recherche et de Développement (IRD), qui a déjà fait de nombreuses campagnes d'analyses de la contamination par le mercure des populations du Béni, région bordant l'amazonie et en aval de la cordillière.

06 septembre 2006

06/09 - Gros break

Bonjour à tous!

Ca y est, je pars enfin en expédition. Mon projet, rappelez-vous-en, était d'amener à des mineurs de la Cordillière d'Apolobamba un appareil pour récupérer l'or. Bon, et bien cette fois-ci, j'y vais. Seul. J'ai trouvé des cartes et explications sur les itinéraires, normalement je devrais rester 2 à 3 semaines entre 3000 et 5000m, peut-être plus. Je m'organiserai au niveau des vivres en me ravitaillant dans les communautés que je traverserai, j'ai une tente et des vêtements qui me permettront de dormir à 4500m sans "trop" de problèmes... Le point culminant est le Chupi Orqo, 6000m et des brouettes, dont je ferai le tour entier dans la deuxième partie de mon expédition.
Mon programme va consister à rencontrer un maximum de mineurs qui officient non loin de l'Akhamani, du Nevado Sunchulli ou encore du Katantica. Les mines d'or abondent dans la région et je vais probablement en manquer un grand nombre, mais les informations que je pourrai leur apporter mais aussi celles que je pourrai récolter me serviront à mon retour. Il y a possibilité de proposer des projets relatifs au Parc Madidi, dont l'administration est en brasse coulée depuis des années. Evo Morales s'intéresse de près à ce Parc, sa fondatrice Rosa Maria Ruiz m'appuie et attendra de mes nouvelles.
Je pars demain matin, le 7 septembre, pour revenir début octobre. J'espère arriver à Tuichi avant le 07/09, jour de la fête annuelle de sa création. Pour rien au monde je ne manquerais son tournoi de foot, qui servira d'inauguration des nouveaux maillots!
Je vous enverrai des photos plus tard... j'ai pris du retard, mais on a toute la vie!

Nico