Hola hola! j'en peux plus... je rentre de Niño Corin, un village perdu à la frontière du Parc Ulla Ulla, à 8h de bus de La Paz. C'est important ces 8 heures car je viens de me les taper sans siège, dans le couloir, de nuit, avec bien sûr une quinzaine d'autres personnes qui n'avaient pas acheté de billet assis. Autant dire que je n'ai pas vraiment dormi, puisqu'il faut alterner les "debout, assis" pour ne pas souffrir d'un mal quelconque. On est arrivés à La Paz vers 5h du mat'.
Cette expédition à Niño Corin devait être ma dernière étape avant Tuichi, mais faute d'avoir prévu suffisament d'argent pour le mois à venir, j'ai dû revenir dans la capitale pour retirer des sous... oui oui, 8h de bus à cause de ca... bref. Nous étions partis (Michel et moi) avec 2 grecs, Stathis et Sandra, afin de réaliser un petit film sur les évènements de la Semaine Sainte: Feliciano, le "maire" de cette communauté, désire faire un documentaire sur l'intégralité des fêtes de son village, durant une année. Sauf que finalement (et heureusement!) la religion catholique n'a pas vraiment pris pied dans ce bled de 250 habitants, qui sont en majorité restés fidèles à leur tradition Kallawaya et leurs dieux ancestraux. Feliciano est un "curandero", un guérisseur Kallawaya que les gens viennent voir lorsqu'ils ont un problème de santé: lui et sa femme, Marta, connaissent des centaines de plantes médicinales. J'en ai d'ailleurs profité un matin après une nuit "gastro-express": je suis constipé depuis hier.
Ils ont donc filmé Feliciano nous présentant plus d'une vingtaine de plantes, en poncho rouge traditionnel, dans un mini studio improvisé dans le bâtiment où ils nous hébergaient. Sa maison est comme toutes les autres faite en adobe, c'est-à-dire à base de pavés de terre-caillou-paille, sans étage bien sûr, avec un toit légèrement incliné, en tôle ondulée. L'absence de plancher bétonné est un moyen de garder la chaleur, l'altitude de 3200m n'y a rien changé (je tiens à dire, maitenant que j'y pense, que le trajet du bus pour venir dans la cordillière d'Apolobamba -à Niño Corin- passe à 5000m et des brouettes, et qu'on a vu des lamas, alpagas et autres vigognes).
Les 4 jours passés dans la famille de Feliciano nous ont permis de prendre du recul sur l'apparente pauvreté qui nous a frappés à notre arrivée. Les terrasses qu'ils ont a disposition leur permettent de subvenir à leurs besoins de manière à peu près normale, par contre le manque de terres cultivables (car appartenant à des propriétaires qui ne les cultivent pas!) va devenir primordial avec l'augmentation des populations andines en général. Ils ont quelques animaux (dont un mulet-horloge qui braie à 6h, 11h et 21h), travaillent la terre quand c'est nécessaire, vont pêcher des truites (adultes, de 12cm) dans le río en contrebas (400m de denivellé), Marta tisse, ses 6 enfants aident et s'amusent.
Chaque jour on s'est balladés, ce qui représente à peu près 3 heures de marche sans plat, sauf dans le village voisin, Charazani. Celui-ci à la chance d'avoir une petite station thermale avec une eau naturelle, verte, à 36 degrés. C'est un bonheur pour les habitants du coin qui pour 2 bolivianos (comparatif: un repas = 6 bolivianos) peuvent se payer un bain dans une piscine de 6m sur 4. Je ne vous cache pas que j'en ai aussi bénéficié, avec le privilège d'y avoir été seul pendant au moins 45 min!
Mes souvenirs des ces 4 jours s'arrêtent là pour aujourd'hui, pour sûr il en manque, ca me reviendra plus tard... je reste encore 4 jours à La Paz, vous aurez d'autres niouzes!